Cette toile représente la prise de la Bastille le 14 juillet 1789. Dans la première cour envahie par le peuple, le marquis de Launay (à droite), gouverneur de la prison, est arrêté par un grenadier des Gardes françaises. A gauche, deux canons sont chargés et prêts à tirer. En arrière-plan, on peut reconnaître la Bastille et à droite la maison du gouverneur, par les fenêtres de laquelle sortent des flammes. Le peuple pensait que la Bastille logeait beaucoup de victimes de l’arbitraire, mais il fallut se rendre à l’évidence : il n’y avait là qu’une poignée de faussaires, un fou, un noble incestueux et un complice de Damiens, l’auteur d’une tentative d’assassinat sur Louis XV ; les autres prisonniers avaient déjà été transférés ailleurs. L’image révolutionnaire a largement contribué à entretenir le mythe d’une Bastille abritant des cachots où croupissaient les victimes de la monarchie. Cette prison était en effet l’emblème de la tyrannie monarchique.
La reddition de la Bastille, symbole du despotisme, fit l’effet d’un séisme, en France comme en Europe, jusque dans la lointaine Russie impériale. Elle marque symboliquement le début de la Révolution française.
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