La scène a lieu dans la grande salle du palais épiscopal du Tau à Reims, le 25 octobre 1722. Le peintre a représenté le banquet donné suite au couronnement de Louis. Le jeune roi est assis au premier plan, le visage tourné vers le spectateur. Il mange seul, entouré de dignitaires. Sa table, installée sur une estrade et placée sous un dais, domine le reste de l’assemblée. Une file de valets l’approche, passant entre les quatre autres tables où se tient le reste des convives. Des aristocrates assistent au banquet à la périphérie de la pièce ou depuis un balcon. On constate que le peintre s’est attaché à fidèlement reproduire la salle, y compris en incluant les peintures accrochées aux murs.
Le jeune roi, qui n’a que douze ans, porte encore le lourd manteau royal et s’est présenté aux convives portant sa couronne personnelle. Sur sa table étaient posés le sceptre, la main de justice et la couronne dite de Charlemagne dont on l’avait coiffé pendant le sacre. Il est séparé des autres convives répartis en quatre tables selon une répartition précise : viennent en premier les pairs laïcs et ecclésiastiques, puis, dans le fond de la pièce, les « honneurs » (membres de la Maison du Roi, chevaliers du Saint-Esprit, etc.) et les membres de la diplomatie. Si ces tables sont servies par des notables locaux vêtus de noir, le roi était servi en grande pompe par un cortège d’une vingtaine de serviteurs et de dignitaires précédés de musiciens.
Dernier acte de la journée du sacre, le banquet donne, par ce tableau, un aperçu du protocole de la cérémonie, et de la position occupée par le roi, à la fois seul et très entouré.
Ce tableau, acquis à Paris à l’occasion d’une vente, est entré au château en juin 1909.
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