Fille de Jacques Necker, contrôleur général des Finances de Louis XVI, mariée au baron de Staël-Holstein, ministre de Suède à Paris, Germaine de Staël est une des fortes personnalités du monde littéraire sous l’Empire.
Républicaine par sympathie et par ses origines genevoises et calvinistes, elle expose ses idées dans Des circonstances actuelles qui peuvent terminer la révolution et des principes qui doivent fonder la république en France dès 1798, et elle est de ceux qui transmettent au nouveau siècle les idées des Lumières, celles des philosophes et penseurs politiques.
Son existence est celle d’une exilée permanente, successivement en opposition aux régimes révolutionnaire, directorial, consulaire et impérial, mais elle bénéficie d’un refuge naturel en Suisse, le château de Coppet, où elle reçoit de nombreux visiteurs et amis.
Eloignée durablement après la parution de De l’Allemagne, en 1810, elle sera de plus en plus seule, certains de ses meilleurs amis étant à leur tour exilés. En mai 1812, elle quitte la Suisse pour l’Angleterre, via Vienne, la Russie, la Suède, et y arrive en juin 1813. A ses yeux, la lutte contre Napoléon est d'ordre religieux et moral, une lutte du bien contre le mal, de la liberté contre la tyrannie, pour sauvegarder les acquis des Lumières.
A la Restauration, elle publie des Considérations sur la Révolution française (1818), très sévères pour Napoléon et glorifiant le modèle politique anglais.
Après sa mort, en 1817, ses enfants avaient commandé un portrait à François Gérard, qui la représente âgée d’une cinquantaine d’années, telle qu’elle apparaissait dans ses soirées de Coppet : sobrement mais élégamment vêtue d’une robe décolletée, agrémentée d’un châle de cachemire, et coiffée à la mode du temps, d’une écharpe nouée en turban. Les contemporains la décrivent ainsi, menant la conversation, un rameau à la main. Le peintre a choisi un rameau de lierre, symbole d’amitié et de fidélité. Le décor, d’une austérité rare dans un portrait féminin, presque antique, fait sans nul doute référence à sa force de caractère et sa liberté d’esprit.
Le portrait original est toujours conservé par ses descendants au château de Coppet. Celui-ci en est une variante, exécutée par une élève de Gérard et commandée par une grande amie du modèle, Mme Récamier, pour son appartement de l’Abbaye-aux-Bois à Paris. Il a été légué par elle au musée de Versailles en 1849.
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