Avocat, opposant au régime impérial, Gambetta siégea au corps législatif avec la minorité républicaine qui prit position contre la guerre de 1870. Après la défaite de Sedan, il participa à la journée révolutionnaire du 4 septembre qui proclama la déchéance de l’empereur et la Troisième République. Ministre de l’intérieur du gouvernement de la Défense nationale, il quitta Paris assiégé en ballon pour rejoindre le gouvernement à Tours, où il organisa, comme ministre de la Guerre, la résistance à l’ennemi. Hostile à la capitulation et partisan de la guerre à outrance, il donna sa démission en janvier 1871. Réélu en juillet suivant, il siégea à l’extrême gauche, soutenant la politique de Thiers et fondant le journal La République française. Il fut désormais l’âme de la résistance républicaine, s’attachant à soutenir tout ce qui pourra renforcer le caractère républicain du régime, mais fut maintenu à l’écart du pouvoir jusqu’à la victoire de son parti, l’Union républicaine, en 1881. Mais le « grand ministère » qu’il tenta alors de former fut rapidement renversé.
Le portrait de Bonnat, bien que posthume, rend bien compte de la personnalité de Gambetta et de sa faconde. Réalisé d’après des photographies de Carjat, il a été commandé en 1888 par le journaliste et homme politique Joseph Reinach, collaborateur de Gambetta à La République française, puis son chef de cabinet en 1881-1882. Il a été légué par Reinach à l’Etat en 1921.
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