S’il est une longue et riche carrière politique, c’est celle d’Adolphe Thiers, commencée en 1830 comme défenseur d’une monarchie constitutionnelle, et se terminant à la tête du nouvel Etat républicain en 1871. Conseiller d’Etat, député d’Aix-en-Provence (1830), successivement ministre et chef du gouvernement de Louis-Philippe à plusieurs reprises, puis chef de l’opposition libérale au Second Empire, il est revenu aux affaires avec la guerre de 1870-1871, envoyé comme négociateur pour la France dans les capitales européennes. Elu chef du pouvoir exécutif de la République par l’Assemblée nationale le 13 février 1871, il signe avec Bismarck les préliminaires de paix, mais ses maladresses déclenchent l’insurrection de la Commune. Il signe le traité de Francfort avec la Prusse, avant de réprimer violemment la Commune (mai 1871). Nommé président de la République, il travaille au redressement de la France, mais est renversé le 24 mai 1873 par la majorité conservatrice de l’Assemblée, et est remplacé par le maréchal de Mac-Mahon.
Peint par Bonnat, l’un des portraitistes les plus recherchés de la Troisième République, le portrait montre Thiers à la fin de sa vie, alors qu’il est encore le chef de l’opposition républicaine. Cette année-là, devant l’Assemblée nationale, réunie à Versailles dans sa nouvelle salle de séances, son rival républicain Gambetta le salue du titre de « libérateur du territoire » en hommage à son rôle pour le remboursement record de la dette de guerre française envers l’Allemagne - cinq milliards de francs or –, qui a entraîné le départ des troupes d’occupation.
Traitée avec une extraordinaire économie de moyens, l’œuvre traduit magistralement l’autorité et le caractère déterminé du modèle.
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