au camp du Drap d'Or, 7 juin 1520
Considérant que la France se trouve prise en étau entre les deux parties de l’empire des Habsbourg, l’Espagne au sud-ouest et la Bourgogne et l’Empire à l’est, François 1er cherche des alliances pour contrecarrer la puissance de Charles Quint et lui venir en aide en cas de conflit. Il se tourne vers le roi d’Angleterre, Henri VIII, qu’il l’invite à venir le rencontrer. Déployant toutes les armes de la séduction diplomatique, il l’accueille de manière spectaculaire et fastueuse, en juin 1520, non loin de la ville anglaise de Calais, entre Ardres et Guines, dans une véritable ville de drap et de toile d’or, le fameux « camp du Drap d’or ». Mais le souverain anglais ne se laisse pas impressionner et le résultat est un échec. Henri VIII préférera répondre aux sollicitations plus discrètes de Charles Quint.
Le tableau montre au premier plan l'arrivée d'Henri VIII, en grand cortège, depuis ses terres de Calais, au palais de toiles peintes, qui sera sa résidence pendant ce fastueux séjour. L'édifice offre un saisissant contraste avec la ville de tentes du campement français, dont les étoffes précieuses qui lui ont donné son nom, ont été commandées aux ateliers de soierie de Tours, et réalisées dans le temps record de quelques mois. A l'arrière-plan, à droite, sous la tente monumentale du roi de France, on retrouve le souverain anglais donnant l'accolade à son hôte.
Comme souvent dans les collections du musée de Louis-Philippe, le tableau est la copie d’une œuvre ancienne que le roi ne peut espérer acquérir. Commandé en 1845 pour Versailles, il reproduit une œuvre anonyme conservée dans les collections royales britanniques, que le roi a pu voir lors de son séjour au château de Windsor l’année précédente.
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