François-Marie Arouet, dit Voltaire, (1694-1778), écrivain et philosophe, est souvent considéré comme un précurseur de la Révolution française. Ce portrait est généralement daté de 1718, en raison de la lettre de la gravure qu’en exécuta Etienne-François Besson pour l’édition posthume des Œuvres complètes de Voltaire, publiée à Paris de 1785 à 1789. Elle mentionne en effet que le modèle était âgé de 24 ans lorsqu’il posa pour Largillière. A cet âge, il sortait de la Bastille où il avait été emprisonné de mai 1717 à avril 1718. Cependant, l’âge apparent du modèle et surtout l’harmonie douce du coloris inciteraient à une datation sensiblement plus tardive. L’exécution de ce tableau se situerait plutôt dans les années 1724-1725, au moment où Voltaire, rentré en grâce, pouvait apparaître avec cet air de fierté que nous lui voyons : à nouveau pensionné par le Régent (1722), il venait de publier La Henriade (1723), véritable ouvrage de réhabilitation, et allait être chargé des représentations théâtrales pendant le mariage de Louis XV (1725). Voltaire est présenté en buste de trois-quart, coiffé d’une perruque poudrée et vêtu à la mode de la Régence : revers des manches très longs et boutons petits et nombreux.
La toile, à l’harmonieuse palette chromatique et à l’exécution brillante, suscita l’admiration et fit l’objet de nombreuses répliques et variantes.
Voltaire donna son portrait à sa maîtresse, Suzanne de Corsembleu de Livry, qui triomphait dans Oedipe. C’est ce même portrait qu’il réclama en 1778 à l’actrice, devenue marquise de Gouvernet, afin de l’offrir à l’une de ses ultimes protégées, la marquise de Villette.
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